MORINGA
Nous utilisons cette légumineuse pour ses qualités nutritionnelles.

Le moringa au CARTO, en pratique :


Dans la région d'Ogaro, le Moringa était autrefois très prisé des villageois qui en avaient presque tous un ou plusieurs pieds dans leurs sukhalas. Aujourd'hui, la jeunesse s'est désinteressée de l'arbre, et l'on ne le trouve que très rarement à l'état domestique.

Certains vieux connaissent et utilisent encore les propriétés médicinales de son écorce et de ses racines.

Les femmes l'utilisent également pour faire le couscous, plat traditionnel constitué de feuilles de moringa pilées mélangées à de la semoule de mais.

La population de la région connait donc l'arbre, mais l'utilise de moins en moins. Par contre, les populations d'origine nigériennes en consomment beaucoup. 

Connaissant l'arbre pour ses vertus nutritionnelles et pour sa bonne adaptation au climat, le CARTO a décidé en 2007 de cultiver un champ d'essai de moringa en vue de produire la poudre de feuilles séchées. Cette poudre est utilisée pour enrichir la sauce traditionnelle, en vitamines A et C, en calcium, fer ainsi qu'en protéines et divers nutriments.

En 3 mois, après une première taille, nous avons 470 pieds viables de 1,50 m de haut. La méthode choisie est la taille à 60 cm, afin d'avoir des abres courts et touffus. Les feuilles sont séchées et réduites en poudre à l'ombre.

Nous avons réalisé une vidéo pédagogique à partir de cette pratique, vidéo utilisée pour la formation et la réflexion sur le thème du Moringa.

A part ce champ expérimental, nous avons beaucoup de plants de moringa un peu partout dans ce centre, afin d'habituer les stagiaires à la fréquentation et à l'utilisation de cet arbre.

FICHE TECHNIQUE
(Wikipédia et Moringanews)

Le néverdier (Moringa oleifera) (aussi appelé anamambo, moringa, morongo, ou encore Horseradish-tree, Ben-oil tree, Drumstick-tree en anglais, Malunggay aux Philippines et saijan en indien) est un petit arbre pouvant mesurer jusqu'à 10 m.

C'est une espèce d'arbres très utile originaire du nord de l'Inde et des régions arides en général ressemblant à l'acacia qui résiste bien à la sécheresse et a une croissance rapide.

Un arbre à usages multiples 

PHARMACOPEE

Toutes les parties de la plante sont utilisées traditionnellement.
En Inde, la racine est un stimulant dans les paralysies, un tonique cardiaque et circulatoire, mais possède aussi des propriétés sédatives sur le système nerveux central.

Au Nigeria, la racine et l'écorce sont antiscorbutiques et utilisées par voie externe contre les irritation.

Au Sénégal et au Mali, les emplois les plus courants concernent les enfants rachitiques, bronchitiques, fiévreux, souffrant de céphalées et de névralgies; les traitements divers vont de l'instillation du suc frais de la feuille ou des inflorescences dans les yeux et de l'administration de la racine en poudre nasale, aux boissons et lavages corporels avec des macérés de feuilles, écorces et racines (Kerharo).

FEUILLES : SANTE ET NUTRITION  > voir le résumé

Les feuilles contiennent aussi des glucosides de thiocarbamates et carbamates qui seraient les responsables de l'activité hypotensive des feuilles (Faizi) et du ß-sitostérol qui expliquerait leur activité hypocholestérolémiante (Ghasi).

La tradition indienne de l'ayurveda indiquait que les feuilles du Moringa guérissaient plus de 300 maladies. La science moderne a confirmé cette croyance et a ajouté que cette plante avait en plus une valeur nutritive très importante :

en Inde, le Moringa est une plante vivrière cultivée pour ses fruits, qui sont mangés cuits et exportés frais ou en conserve. Au Sahel, les feuilles de Moringa oleifera sont consommées comme légume et celles de Moringa stenopetala constituent le repas de base du peuple Konso en Éthiopie.

Des analyses nutritionnelles ont montré que les feuilles de Moringa oleifera sont plus riches en vitamines, minéraux et protéines que la plupart des légumes.

Elles peuvent constituent un aliment complet puisqu'elles contiennent, à poids égal :

  • 2 fois plus de protéines et 4 fois plus de calcium que le lait, 
  • autant de potassium que la banane,
  • autant de vitamine A que la carotte, 
    • 3 fois plus de fer que la viande de boeuf, et autant que les lentilles 
  • 4 fois plus de vitamine C qu'une orange. 

Beaucoup de programmes utilisent les feuilles de Moringa oleifera contre la malnutrition et ses maladies associées (cécité, etc.).

GRAINES  : PURIFICATION DES EAUX SALES

Les graines de Moringa contiennent un polyélectrolyte cationique qui a montré son efficacité dans le traitement des eaux (élimination de la turbidité), en remplacement du sulfate d'alumine ou d'autres floculants. L'avantage de l'utilisation de ces graines est double :
  • substitution de floculants importés par un produit local facilement accessible permet une économie importante de devises pour les pays du Sud,
  • ce floculant, contrairement au sulfate d'alumine, est totalement biodégradable.

GRAINES : HUILE ALIMENTAIRE

Les graines sont consommées après séchage; elles ont le goût des cacahuètes un peu amère.

Et surtout, elles peuvent donner une huile intéressante pour la
cosmétologie, l'industrie et la consommation courante. Le rendement de l'extraction varie de 25 à 31 % (Tsaknis). Contenant surtout des glycérides de l'acide oléique (70 %) comme l'huile d'olive, elle est très recherchée comme lubrifiant pour la fabrication des montres et est aussi appréciée en parfumerie pour sa possibilité d'absorber et de retenir les odeurs. 

Comme cet arbre est de croissance rapide (environ 3 ans après sa plantation, il commence à donner des fruits), on pourrait produire en grande quantité cette huile connue internationalement sous le nom d'huile de Ben pour les besoins
alimentaires.

Une utilisation mixte du moringa, pour la production d'huile et d'agent floculant, est possible car le tourteau issu de l'extraction d'huile conserve ses capacités floculantes.

AGRICULTURE ET ELEVAGE
D'autres applications potentielles du moringa, comme son utilisation dans l'alimentation animale, comme hormone de croissance végétale, comme engrais vert, en phytopharmacie font l'objet de recherches nombreuses.

Culture

Le Moringa peut se trouver dans des zones très arides comme le Sahara, mais il aime également les climats semi-tropicaux humides. 

Sa racine très profonde lui permet de se passer d'eau pendant plusieurs mois. Son nom sénégalais "Nébédaye" viendrait de l'anglais "Never die": lorsqu'on le coupe ou que des jeunes pousses sont brûlées par le soleil, il repousse aussitôt avec les premières pluies. 

Il peut se planter par semis, en repiquage ou en plein champ, ou par boutures. On peut le cultiver de façon extensive pour une production de graines (semences ou production d'huile) ou de façon intensive irriguée pour une production optimale de feuilles (très nutritives) avec une récolte toutes les 6 semaines! 

C'est un arbre à croissance très rapide, jusqu'à 1 mètre par mois! 

Son reboisement en masse contribue à la préservation de l'environnement et cet arbre se révèle un pare-feu efficace.


Le moringa au CARTO, en images :


Champ d'essais - 470 pieds


Croissance très rapide


Les stagiaires font la première taille


On coupe à 50 cm


Première récolte


Séchage des feuilles


Sachets de poudre pour les ménagères


Extrait du film pédagogique " Moringa"


Notre arbre géniteur, de l'écotype togolais


Gousses contenant 6 - 15 graines


Fleurs parfumées






Pépinière pour emporter chez soi


Résumé : Moringa et nutrition
 
Les feuilles et gousses du Moringa Oleifera sont d’une valeur nutritive extrêmement importante pour les personnes de tous les âges. Pour les enfants de 1 à 3 ans, une consommation de 100g de feuilles fraîches procure à peu près à 50% des besoins journaliers en calcium, fer, protéines et un tiers des besoins en potassium et des acides aminés essentiels. Elles ont aussi une haute teneur en complexe B et en cuivre. 20 grammes de feuilles fraîches du Moringa suffisent à eux seuls pour couvrir les besoins journaliers de l’enfant en vitamines A et C.

Pour les femmes en état de grossesse ou qui allaitent les feuilles du Moringa peuvent jouer un grand rôle dans la santé de la mère et du fœtus ainsi que du nourrisson.

Il est intéressant d’ajouter des feuilles de Moringa à l’alimentation des enfants malnutris. La grande teneur en fer, protéine, cuivre, en diverse vitamines et acides aminés essentiels des feuilles du Moringa, font d’elles un complément nutritionnel bien indiqué.

On peut facilement préparer une farine de feuilles en les séchant, les pilant, puis en les tamisant. Cependant, il faut sécher les feuilles à l’abri du soleil (à l’intérieur de la maison de préférence), car la vitamine A est détruite par les rayons solaires. La poudre, aussi, doit être conservée à l’abri du soleil ; de préférence dans un récipient en plastique bien fermé. Il est estimé que les feuilles conserveront entre 50 et 70% de leur teneur en vitamine A si elles sont séchées à l’abri du soleil, et seulement 20 à 40% si elles sont séchées au soleil.

Le rajout de quelques cuillerées de poudre à une sauce n’aura pas un grand effet sur le goût de la sauce. De cette manière, toute les sauces apporteront une bonne nutrition à la famille. On pourrait aussi ajouter une cuillerée de poudre à la bouillie de l’enfant. Pour un enfant de 1 à 3 ans, une cuillerée (pleine) qui contient 8 grammes de poudre satisfera 14% de ses besoins en protéines, 40% de ses besoins en calcium , 23% de ses besoins en fer et presque en vitamine A.

Si un enfant de 1 à 3 ans consomme une cuillerée de cette poudre trois fois par jour, il bénéficiera d’un important apport nutritionnel et d’une bonne protection contre la malnutrition et certaines maladies. Pendant la grossesse et les mois d’allaitement, la femme est très vulnérable aux carences nutritionnelles. Si, pendant ce temps, elle consomme six cuillerées de poudre de feuilles par jour, elle bénéficiera aussi d’un important apport nutritionnel et d’une bonne couverture sanitaire.


Source : Mélanie Broin, PROPAGE

Sources et liens

www.moringanews.org
Moringanews est un réseau international de personnes intéressées par le Moringa. Ce site Internet leur offre une information fiable sur le Moringa et une plateforme pour échanger des connaissances, des produits et des services. Site hyper complet, une mine d'informations pédagogiques, économiques et techniques.
Moringa, l’arbre qui allaite (19/11/2002) Mamadou Aliou Diallo (Syfia Sénégal)
En Casamance, où plus de la moitié des enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition, la poudre de feuilles de Moringa est une bénédiction. Riche en vitamines et en oligo-éléments, elle aide les mères à mieux nourrir leurs bébés et leurs jeunes enfants.
http://www.syfia.com/fr/article.asp?article_num=2854
De l'eau potable "bio" ?
Utilisation des graines de l’arbre tropical Moringa oleifera, pour la purification et la production d’eau potable à l’échelle villageoise en Afrique de l’Ouest
http://perso.wanadoo.fr/hydraulique.sans.frontieres/bulletin28/BHD.html
Recherches sur la culture de Moringa oleifera Lam. au Togo
Cahiers d'études et de recherches francophones / Agricultures. Volume 10, Numéro 2, 131-3, Mars - Avril 2001, Notes de recherche
http://www.john-libbey-eurotext.fr/fr/revues/agro_biotech/agr/e-docs/00/00/EB/09/article.md