Au
nord-Togo, en milieu rural, le
mode de vie est encore très traditionnel. Le faible niveau de vie des gens
ne leur permet souvent pas d'acheter beaucoup de choses, hormis les
produits de première nécessité.
Dépenses
du paysan
Le paysan produit une grande part de sa propre nourriture. Il se
construit ses maisons, ses outils. Sans mécanisation,
dépendant du climat, sa vie est simple mais très
rude.
Aujourd'hui, l'ouverture au monde extérieur a
apporté des produits qui peuvent faciliter son existence.
Parmi les nouveautés plus ou moins utiles, citons :
le vélo
la moto
le moulin à gasoil
la tôle et le ciment pour la maison
la charrette en acier
l'équipement de culture
attelée
la lampe torche
la lampe à pétrole
la radio
le téléphone portable
les groupes électrogène
les appareils de musique
les montres
les médicaments occidentaux...
Avant, on
vivait
sans tout cela. Mais le monde n'était pas le même.
Maintenant, ces produits influencent le quotidien de tous et, tout en
créant des dépendances, offrent de nouvelles
libertés.
Pour le paysan moyen, l'achat de tout ce matériel est
très difficile, mis à part les petits objets. En
général, les paysans les plus riches peuvent
acheter l'un ou l'autre du gros équipement (moto, moulin,
charrue et boeufs, tôle et ciment, groupe).
La
cigale et la fourmi
Le paysan moyen, qui récolte 1000 kilos de
céréales par an peut, s'il a fait un petit champ
de coton, s'acheter un vélo, ou quelques volailles ou
chèvres pour commencer un élevage.
Mais, durant l'année, il devra faire face à des
dépenses pour sa vie de famille :
soins (traiter un palu coûte plus de
2000
FCFA)
scolarisation (un garçon
à
l'école primaire coûte 5000 FCFA)
mouture des grains (100 FCFA pour 3 kilos de
grains.
Une famille de 5 personnes peut consommer 3 kg / jour)
condiments, piments, cube maggi, sel... (10000
FCFA
par an, au moins)
...
En tenant
compte de plusieurs faits importants :
les paysans ne savent pas bien gérer
leur
argent
l'endettement et l'usure les ruinent
ils ne prévoient pas les
dépenses futures
ils dépensent au jour le jour, dans
les
marchés, les bistrots...
On comprend
mieux pourquoi :
certains paysans pauvres du Kpendjal ont faim,
les malades des familles pauvres vont en
priorité chez les tradipraticiens, ce qui accroît
la mortalité
il n'y a que 40 % de scolarisation des enfants
les accouchements se font souvent à
domicile
les femmes moudent souvent le grain
à la
main, sur des meules, entre autre tâches ingrates
les
jeunes quittent le pays et la vie paysanne pour
chercher fortune en ville où à
l'étranger
(Côte d'Ivoire en particulier)
Le
CARTO et le niveau de vie des paysans
Au CARTO,
nous
considérons que l'Homme peut vivre dignement de sa
terre, sans connaître la faim, en évitant la
maladie. La première étape de ce
développement est d'assurer les besoins cruciaux :
récolter plus en se fatiguant moins
mieux gérer l'argent gagné
investir dans des sources de revenus
parallèles
économiser pour se soigner et
scolariser
ses enfants
acquérir des habitations plus
confortables
...
En constatant par la pratique que le travail bien fait peut
l'aider
à vite se libérer de la pauvreté et de
la
souffrance, le paysan aura enfin du temps et de la motivation pour
consacrer ses ressources à l'éducation de ses enfants,
ainsi qu'à son propre épanouissement, dans une vie qui ne
sera plus seulement faite de fatalité.
Le vélo, plus que
pratique pour parcourir des dizaines de km de pistes
Le moulin, relativement cher pour
les familles pauvres
La scolarisation des enfants,
indispensable mais coûteuse
Soigner un palu revient
à plus de 2000 FCFA
La forte consommation d'alcool
frelaté ruine
portefeuille et santé
Acquisitions de base : maisons tôlées et
matériel de culture attelée